Apprendre qu’on est créatif alors qu’on ne croyait pas vraiment l’être, c’est comme apprendre que nous sommes nouvellement parents d’un premier enfant. Sous le choc, on se dit que c’est une erreur, qu’on ne sera pas capable de gérer une telle responsabilité. On n’est drôlement pas prêts et pourtant on le sent dans nos trippes, que depuis des millénaires, bien inscrit au fond de notre ADN, que l’instinct nous supporte. Par magie nous savons exactement ce que nous devons faire.
Comme un nouveau-né, elle prend un malin plaisir à nous empêcher de dormir la nuit. Elle fait tourbillonner des millions d’idées qui nous épuisent autant qu’elles nous énergisent. Elle est tannante et pourtant on aime l’avoir dans notre vie. Une fois que la créativité naît, on ne comprend pas comment nous pourrions maintenant faire sans. Ses idées, sa façon de nous faire découvrir des émotions qui nous semblaient oubliées, elle nous rappelle à quel point elle est unique et essentielle dans notre vie. Elle nous pousse en douceur vers une meilleure version de nous-mêmes, subtilement, en forgeant en nous une sensation de liberté et de grandeur. Elle nous fait rêver, imaginer, découvrir et aussi voyager.
Mais la créativité et un enfant fragile. Elle doit être chérie, aimée, nourrie et éduquée. Nous sommes mères de notre créativité et nous devons la guider, l’aider à se développer et constamment en prendre soin. C’est à nous de nous occuper d’aiguiser son sens de la curiosité, son goût de la nouveauté, et son habileté à prendre des risques.
Il ne faut pas penser que tout est toujours rose avec la créativité, il y aura des moments magiques, de joie et de bien-être, mais on aura aussi droit à des moments plus difficiles. Des moments où l’on doit dire “non”, où l’on doit mettre une structure, un moment ou, comme à l’adolescence nous devons jongler entre tamiser la bête et la laisser gambader dans des champs d’idées. Elle fait des fugues, quitte momentanément, mais elle revient, nous laissant chaque fois un peu moins confiants. Elle fréquente des habitudes non recommandables comme la peur du jugement ou de l’échec, ou encore le perfectionnisme.
En tant que mères, nous devons faire preuve d’empathie et lui laisser la place dont elle a besoin pour mieux grandir. Il faut continuer de lui faire confiance et ne pas baisser les bras. Peu importe ce qui se passe, elle fait partie de nous et nous devons l’accepter comme elle est, souvent différente et incomprise.
Un jour, elle sera indépendante et forte, mais elle n‘arrivera jamais à ce point sans l’aide de sa mère. Sans avoir reçu l’attention, le support et le bonheur que seul un parent peut offrir. Nous l’aidons à grandir, mais c’est elle qui en réalité nous en apprend le plus.
Prendre soin de notre créativité c’est comme une maman qui prend soin de son enfant.
Merci, maman, j’espère être une aussi bonne mère pour mon fils et pour ma créativité que tu l’as été pour moi.







La motivation en début d’année scolaire est au top. On veut faire toutes nos lectures le soir même, on souhaite avancer tous les projets d’équipe immédiatement. Nos cours sont super intéressants